La curieuse histoire de la Cassonade graeffe

Tout le monde a mangé de la cassonade Graeffe au moins une fois dans sa vie. Qui ne connaît pas la douceur de ce délicieux sucre granuleux aux reflets dorés? Mais connaissez vous l'histoire qui se cache derrière le nom de Graeffe ?

Karl Graeffe naît en 1818 dans une famille de drapiers allemands. À vingt ans, il s'installe à Bruxelles. Il travaille comme employé de banque et épouse Dora Taaks.

La naissance de son huitième enfant le fait aspirer à un meilleur gagne-pain. Graeffe, alors âgé de 40 ans, démarre une petite usine de sucre, rue de Manchester. Un pari, car l'industrie sucrière n'est pas encore très développée. Deux ans plus tard, il est au bord de la faillite. Mais le Père Graeffe ne baisse pas les bras.

Les autres industriels se moquent de lui. Car cet entrepreneur visionnaire est partisan du congé dominical et il rend visite à ses ouvriers malades pendant les épidémies de choléra et de variole. Pire encore : il les soutient même pendant les grèves pour de meilleures conditions de travail, déclarant : 'Je sais que les travailleurs ont une vie bien plus dure que la mienne.'

Lorsqu'il atteint l'âge de septante ans, le patriarche se retire de la gestion quotidienne de l'entreprise et ses fils reprennent le flambeau. Mais Karl (devenu entre-temps Charles) Graeffe continue à suivre les affaires de près. Il meurt à l'âge de 84 ans sur le chemin de l'usine, renversé par une voiture.

Procédé révolutionnaire

Les fils Graeffe sont économes. Ils investissent rarement, mais quand ils décident de le faire, ils ne regardent pas à un franc. En témoigne le procédé révolutionnaire élaboré dans leur usine flambant neuve. La raffinerie Graeffe produit un sucre de qualité qui suscite la jalousie de tous ses concurrents.

La première guerre mondiale et le décès des descendants font en sorte que la troisième génération Graeffe est la dernière. En 1929, l'entreprise devient une société anonyme.

Les problèmes surgissent à nouveau avec la Seconde Guerre Mondiale. L'âge d'or de l'entreprise Graeffe est bel et bien révolu.

En 1953, l'entreprise est rachetée par la Raffinerie Tirlemontoise. Consciente de la valeur sentimentale de la cassonade pour le consommateur, la Raffinerie décide de ne pas modifier le nom.